Matthieu signifie généralement « don de Dieu » dans la Bible. Cette définition reste la plus retenue dans les sources de vulgarisation biblique et dans les notices de référence, mais le sens du nom prend aussi une portée narrative et théologique à travers la vocation du personnage.
La réponse varie selon l’angle retenu, linguistique, historique ou religieux. Les textes du Nouveau Testament présentent Matthieu comme apôtre et ancien collecteur d’impôts, tandis que la recherche distingue la figure du disciple et les débats sur l’auteur de l’évangile. Les sections suivantes détaillent le nom, le personnage, le lien avec Lévi et la portée du premier évangile canonique.
- 💡 Matthieu signifie le plus souvent « don de Dieu »
- 💡 Le personnage biblique fait partie des douze apôtres choisis par Jésus
- 💡 Lévi et Matthieu sont souvent identifiés comme une même personne dans les évangiles synoptiques
- 💡 L’évangile selon Matthieu compte 28 chapitres et occupe la première place du Nouveau Testament
Que signifie Matthieu dans la Bible ?
Matthieu renvoie d’abord à un nom propre dont le sens retenu est « don de Dieu ». Cette traduction apparaît régulièrement dans les synthèses bibliques destinées au grand public, notamment chez GotQuestions et dans des supports pédagogiques comme Pressbooks. Le mot ne se limite toutefois pas à une simple étiquette. Dans les récits évangéliques, il s’attache à un homme appelé par Jésus alors qu’il exerce une profession mal vue.
Le sens biblique du nom se comprend donc à deux niveaux. Le premier reste linguistique. Le second relève du portrait spirituel et narratif du personnage. Matthieu 9.9 rapporte l’appel du disciple par une formule brève, « Suis-moi », suivie d’une réponse immédiate. Cette scène donne au nom une valeur de signe, puisque le personnage quitte son activité pour entrer dans le cercle des douze apôtres. Pour aller plus loin, il faut distinguer le sens du nom et l’usage du nom dans le récit.
Quel est le sens hébraïque du nom Matthieu ?
Origine du nom et traduction la plus retenue : « don de Dieu »
Le nom Matthieu est généralement rattaché à une forme hébraïque transmise par le grec du Nouveau Testament. La traduction la plus diffusée reste « don de Dieu ». Cette explication apparaît dans plusieurs notices bibliques contemporaines et dans des ressources de référence à visée pédagogique. Elle fait de Matthieu un nom théophore, c’est-à-dire un nom qui inclut une référence à Dieu.
Cette lecture s’inscrit dans un contexte fréquent de l’Antiquité biblique, où de nombreux noms expriment une relation avec Dieu, une action divine ou une reconnaissance religieuse. Le fait que Matthieu soit associé à cette idée de don ne prouve pas à lui seul un programme théologique complet, mais il fournit un cadre d’interprétation cohérent. Pour aller plus loin, il convient d’examiner la manière dont le récit évangélique donne une épaisseur à cette traduction.
Que révèle cette signification dans le contexte biblique ?
Dans le cadre biblique, un nom peut signaler une identité, une mémoire familiale ou une orientation religieuse. Le sens de Matthieu comme « don de Dieu » prend un relief particulier parce que le personnage apparaît dans une situation de rupture. Les évangiles le relient au métier de collecteur d’impôts, un statut souvent associé à la collaboration avec l’autorité romaine et à des abus de prélèvement selon les sources historiques vulgarisées.
Cette signification n’efface pas le contexte social du personnage, mais elle crée un contraste marqué. Le disciple ne se définit pas seulement par son activité passée. Le récit montre un homme appelé, intégré et transformé dans une nouvelle fonction. Ce décalage explique pourquoi certains commentaires voient dans le nom une clé de lecture spirituelle. Pour aller plus loin, l’identité de Matthieu dans le Nouveau Testament apporte les repères les plus concrets.
Qui est Matthieu dans le Nouveau Testament ?
Matthieu, l’un des douze apôtres choisis par Jésus
Les sources chrétiennes présentent Matthieu comme l’un des douze apôtres choisis par Jésus. Cette donnée apparaît dans les listes apostoliques et dans le récit de son appel. Matthieu 9.9 mentionne le moment où Jésus voit Matthieu assis au bureau des taxes, lui dit de le suivre, puis Matthieu se lève. Le schéma est bref, mais il établit une transition nette entre une fonction civile et une vocation religieuse.
La tradition chrétienne attribue aussi à Matthieu le premier évangile canonique, placé en tête du Nouveau Testament. La recherche moderne nuance cette attribution. Elle date souvent l’évangile des années 80, donc après Marc, souvent situé vers 65 à 75, et bien après les lettres de Paul, datées entre 50 et 65. Le texte compte 28 chapitres et s’appuie, selon l’hypothèse la plus diffusée, sur Marc et sur une source de paroles appelée Q. Pour aller plus loin, il faut revenir à son ancien métier.

Pourquoi Matthieu est-il associé aux collecteurs d’impôts ?
Matthieu est associé aux collecteurs d’impôts parce que les évangiles le présentent comme publicain avant son appel. Dans le contexte romain, ces agents percevaient des taxes pour l’autorité impériale ou pour des intermédiaires locaux. Les sources de vulgarisation rappellent qu’ils étaient souvent mal considérés dans la société juive, notamment parce qu’ils collaboraient avec la puissance occupante et parce que certains pratiquaient des prélèvements excessifs.
Après son appel, Luc 5.27-29 rapporte qu’il offre un grand repas avec de nombreux invités. Cet épisode provoque une réaction des pharisiens, choqués de voir Jésus manger avec des publicains et d’autres personnes jugées compromises. La réponse de Jésus, rapportée notamment en Matthieu 9.12-13, recentre la scène sur l’appel des pécheurs plutôt que sur la respectabilité sociale. Pour aller plus loin, la question du nom Lévi permet de préciser l’identité du personnage.

Matthieu était-il le même que Lévi ?
Les passages des Évangiles qui relient Matthieu et Lévi
Les évangiles ne disent pas de manière explicite, en une formule unique, que Matthieu et Lévi sont la même personne. Pourtant, le rapprochement reste largement admis dans la tradition chrétienne et jugé vraisemblable par de nombreux commentaires. Marc 2.14 parle de Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des taxes. Luc 5.27 mentionne aussi Lévi dans une scène d’appel comparable. Matthieu 9.9 rapporte une scène équivalente, mais avec le nom Matthieu.
Le parallélisme des épisodes constitue l’argument principal. Même cadre, même activité, même appel et même rupture. Les textes ne permettent pas de lever toute incertitude, mais ils offrent une convergence forte. Cette prudence reste importante, car l’identification relève d’une lecture comparée des récits et non d’une déclaration explicite du texte. Pour aller plus loin, il faut mesurer ce que cette identification change dans la compréhension du personnage.
Pourquoi cette identification compte pour comprendre le personnage
Identifier Matthieu à Lévi permet d’unifier plusieurs traditions évangéliques autour d’un même disciple. Cela éclaire son profil social, son appel et sa place parmi les apôtres. Cette lecture donne aussi plus de cohérence au thème de la conversion, puisque l’ancien collecteur d’impôts devient témoin de Jésus dans trois récits parallèles.
Cette question compte aussi pour l’histoire de l’interprétation. Si Lévi et Matthieu désignent la même personne, alors le nom Matthieu peut apparaître comme le nom sous lequel le disciple est surtout connu dans l’Église. Si la distinction restait ouverte, le portrait deviendrait moins stable. Les données disponibles orientent donc vers une identification probable, sans transformer cette hypothèse en certitude absolue. Pour aller plus loin, la portée théologique du nom clarifie pourquoi cette figure a marqué durablement la tradition chrétienne.
Le nom Matthieu porte-t-il une signification théologique ?
Un nom qui souligne la grâce et l’appel de Dieu
Dans la lecture chrétienne, le nom Matthieu peut porter une signification théologique parce qu’il associe une personne concrète à l’idée de don de Dieu. Cette interprétation repose moins sur une démonstration grammaticale complexe que sur l’articulation entre le nom et le récit de vocation. Le personnage n’apparaît pas comme un modèle de prestige religieux avant son appel. Il vient d’un milieu social contesté et se trouve pourtant intégré au groupe des disciples.
Cette logique rejoint le thème de la grâce, largement mobilisé dans les commentaires spirituels sur Matthieu. La réponse de Jésus face aux critiques des pharisiens, lorsqu’il fréquente des publicains, va dans ce sens. Le récit met en avant l’appel de personnes jugées indignes plutôt que la reconnaissance des personnes déjà honorées. Pour aller plus loin, l’histoire de la vocation de Matthieu montre comment ce sens prend corps dans les textes eux-mêmes.
Comment la vocation de Matthieu éclaire le sens de son nom
La vocation de Matthieu éclaire son nom par la simplicité de la scène. Jésus appelle. Matthieu se lève et suit. La brièveté du récit concentre l’attention sur le passage d’un état à un autre. Cet appel ne repose ni sur un mérite explicitement mentionné ni sur une préparation longue dans le texte. Dans cette perspective, le nom devient lisible comme une désignation cohérente avec une initiative divine.
La tradition postérieure a prolongé cette lecture. Elle a fait de saint Matthieu un évangéliste, un martyr dans certaines versions hagiographiques, et le patron de métiers liés à l’argent. Sa fête liturgique tombe le 21 septembre. Son symbole iconographique le plus courant est l’homme ailé, souvent montré près de son évangile. Ces éléments n’appartiennent pas au noyau narratif des évangiles, mais ils montrent comment l’Église a reçu le personnage à partir de son appel. Pour aller plus loin, il reste à observer le texte qui porte son nom.
Comment l’Évangile de Matthieu prolonge-t-il le sens biblique de son nom ?
L’Évangile selon Matthieu prolonge ce sens biblique en mettant au premier plan l’accomplissement des Écritures. Il ouvre le Nouveau Testament dans l’ordre canonique et développe une structure souvent décrite en cinq grands discours, en écho aux cinq livres de Moïse selon plusieurs lectures contemporaines. Les chapitres 5 à 7 rassemblent le Sermon sur la montagne, le discours le plus connu de l’ouvrage. L’ensemble insiste sur Jésus comme Messie, fils de David, fils d’Abraham et accomplissement des promesses anciennes.
La recherche actuelle situe souvent la rédaction entre 70 et 90, généralement dans les années 80, et dans un milieu judéo-chrétien de Syrie. Elle distingue aussi la tradition qui attribue l’ouvrage à l’apôtre Matthieu et l’analyse critique qui juge cette attribution discutée. Un fragment de papyrus découvert à Oxyrhynque en 1896-1897, daté du IIIe siècle, contient Matthieu 1.1-9 et rappelle l’ancienneté de la transmission. La lecture de cet évangile avec l’Ancien Testament reste centrale, comme l’a encore rappelé un article de RCF publié en janvier 2026 à propos d’un ouvrage de Frère Norbert Jorion. Pour aller plus loin, il faut éviter certains raccourcis fréquents.
Matthieu désigne donc à la fois un nom signifiant « don de Dieu » et une figure du Nouveau Testament marquée par l’appel, le changement de statut et la transmission d’un évangile majeur. La lecture la plus utile consiste à tenir ensemble la langue, les récits et les débats historiques, car c’est leur croisement qui donne au personnage sa vraie portée biblique.



