11 ans, c’est la durée de règne attribuée à Jojakim dans 2 Chroniques 36:5, entre la mort de Josias et l’effondrement progressif du royaume de Juda sous pression égyptienne puis babylonienne. Les sources bibliques et historiques identifient ce roi comme le fils de Josias, installé sur le trône par le pharaon Nékao II après la destitution de Joachaz.
Les données convergent vers un règne situé autour de 609 à 598 av. J.-C., même si certaines synchronisations proposent 608 à 597 av. J.-C.. Le dossier textuel associe Jojakim à une fiscalité de tribut, à une politique jugée impie dans 2 Rois, 2 Chroniques et Jérémie, ainsi qu’à l’épisode central du rouleau de Jérémie découpé puis brûlé devant le roi.
- ❖Nom royal imposé. Le pharaon Nékao II remplace Elyaqim par Jojakim selon 2 Chroniques 36:4.
- ❖Position dynastique. Jojakim est le fils de Josias, le frère de Joachaz et de Sédécias, et le père de Jojakin.
- ❖Conflit prophétique. Jérémie 36 rapporte que le roi fait découper puis brûler le rouleau dicté par Jérémie et écrit par Baruch.
- ❖Fin de règne instable. Après 3 ans de sujétion à Babylone, il se révolte, tandis que Nabuchodonosor marche contre Juda en 598 av. J.-C.
Qui était Jojakim dans la Bible ?
Jojakim apparaît comme un roi de Juda issu de la dynastie davidique, fils de Josias, établi par une intervention étrangère après un bref règne de Joachaz limité à 3 mois. Les récits de 2 Rois 23 à 24 et de 2 Chroniques 36 le situent dans la phase terminale du royaume méridional, lorsque Juda passe sous influence égyptienne puis babylonienne.
Le texte biblique lui attribue une évaluation théologique négative, formulée par l’expression selon laquelle il fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, notamment en 2 Chroniques 36:5. Jérémie ajoute un dossier plus politique et social, en associant Jojakim à l’injustice fiscale, au luxe royal et à la répression de voix prophétiques, dont l’affaire d’Urie en Jérémie 26:20-23.
Jojakim : identité, nom et place dans la lignée des rois de Juda
D’Elyaqim à Jojakim : pourquoi son nom a été changé
Le personnage porte d’abord le nom d’Elyaqim, avant que le pharaon Nékao II ne le rebaptise Jojakim lors de son installation sur le trône, d’après 2 Chroniques 36:4. Ce changement ne relève pas d’un simple détail onomastique, puisqu’il signale une prise de contrôle politique sur la succession de Juda après la mort de Josias à Megiddo.
La forme hébraïque יהויקים, translittérée Yehôyaqîm, reçoit généralement le sens de « YHWH a élevé » ou « l’Éternel établit ». Les variantes françaises et internationales, Joiaqim, Jojakim et Jehoiakim, renvoient au même roi. Les références modernes, notamment Wikipedia et les interfaces bibliques comme BibleGateway, reprennent cette oscillation graphique sans modifier l’identification du personnage.
Père, frères, fils et succession au trône
Jojakim appartient à la famille royale de Josias, dont les fils se succèdent dans un contexte de crise. 2 Rois 23:36 mentionne sa mère, Zebida, fille de Pedaïa de Rouma, tandis que les traditions bibliographiques rappellent la présence de ses frères Joachaz, aussi appelé Schallum, et Sédécias, qui régnera plus tard.
Dans la chaîne dynastique, Joachaz précède Jojakim mais ne règne que 3 mois avant sa déposition par Nékao II. Après la mort de Jojakim, la succession passe à Jojakin, son fils, dont le règne dure 3 mois ou 3 mois et 10 jours selon les témoins textuels. Cette succession rapide illustre l’extrême fragilité institutionnelle de Juda à la veille de la déportation.
Quand Jojakim a-t-il régné sur Juda ?
Les 11 années de son règne dans le contexte de la fin du royaume de Juda
Les sources bibliques attribuent à Jojakim un règne de 11 ans, donnée explicitement fournie par 2 Chroniques 36:5. La chronologie historique le place généralement entre 609 et 598 av. J.-C., même si certaines synthèses, comme Bible-Ouverte, proposent la séquence 608 à 597 pour harmoniser les campagnes impériales et les années d’accession.
Ce règne s’inscrit immédiatement après la mort de Josias à Megiddo, située vers mai ou juin 609 av. J.-C., et précède la chute finale de Jérusalem sous Sédécias. Les données montrent que Jojakim gouverne durant une phase de transition géopolitique où l’Assyrie disparaît comme puissance dominante, tandis que l’Égypte et Babylone se disputent le Levant après la bataille de Karkemish en 605.
Vassal de l’Égypte puis soumis à Babylone
Au début de son règne, Jojakim exerce le pouvoir comme vassal du pharaon Nékao II, qui lui impose un tribut. Les récits indiquent qu’il lève un impôt spécifique sur le pays afin de payer cette exigence, ce qui relie directement la dépendance internationale à la pression économique interne exercée sur Juda.
Après la victoire de Nabuchodonosor II à Karkemish en 605 av. J.-C., la tutelle change et Juda passe dans l’orbite babylonienne. Plusieurs synthèses, dont Wikipedia, rapportent que Jojakim reste soumis à Babylone pendant 3 ans, avant qu’un affaiblissement momentané de l’armée babylonienne après la campagne contre l’Égypte en 601 ou 600 n’encourage une rupture du tribut.
Les événements clés du règne de Jojakim
Le tribut imposé par le pharaon et la politique de Jojakim
La première caractéristique de son gouvernement réside dans le tribut exigé par l’Égypte, que Jojakim finance par une ponction directe sur le pays. Cette politique n’apparaît pas seulement comme un mécanisme diplomatique, car Jérémie 22:13-17 l’inscrit dans un tableau plus large d’injustice sociale, où le roi construit un palais étendu et ne rémunère pas correctement la main-d’œuvre.
Les traditions secondaires, notamment Bible-Ouverte et UCG, décrivent un souverain porté vers le luxe, l’opportunisme et l’idolâtrie. Le noyau vérifiable demeure biblique, puisque Jérémie 22 attaque explicitement la recherche du prestige architectural et le non-paiement du travail. Cette critique relie la conduite royale non à une simple faute cultuelle, mais à une dérive administrative et économique visible.
La révolte contre Nabuchodonosor et ses conséquences
Après la victoire babylonienne de Karkemish, Jojakim devient tributaire de Nabuchodonosor, puis se rebelle après une phase de relative faiblesse militaire babylonienne autour de 601 à 600 av. J.-C.. Le texte de 2 Rois 24 décrit alors une dégradation rapide de la situation, marquée par des incursions de bandes chaldéennes et de groupes voisins dirigés contre Juda.
Les synthèses historiques indiquent qu’en décembre 598 av. J.-C., Nabuchodonosor marche sur la Judée, alors que le règne de Jojakim touche à sa fin. Cette séquence prépare la captivité de son fils Jojakin et la poursuite de l’effondrement dynastique. Les données montrent ainsi que la révolte n’a pas restauré l’autonomie politique de Juda, mais accéléré la crise militaire et la dépendance impériale.
Pourquoi le livre de Jérémie a-t-il été brûlé sous Jojakim ?

Le rôle de Jérémie et de Baruch dans cet épisode
Jérémie 36:4-7 présente un processus précis, puisque le prophète dicte ses oracles à Baruch, qui les écrit sur un rouleau, puis les fait lire publiquement. Lorsque les princes transmettent l’affaire au roi, celui-ci demande la lecture du document dans un contexte hivernal, assis devant un brasier. Le récit donne donc une chaîne documentaire nette, depuis la dictée prophétique jusqu’à l’audition royale.
Selon Jérémie 36:21-23, à mesure que la lecture progresse, Jojakim coupe les colonnes du manuscrit avec un canif de scribe et les jette au feu jusqu’à destruction complète. L’acte ne porte pas seulement sur un objet matériel, car il vise la parole de jugement contenue dans le rouleau. Les commentaires confessionnels modernes, tels que UCG, s’appuient sur ce passage pour souligner l’hostilité du roi envers le message prophétique.
Le jugement annoncé contre Jojakim après cet acte
Le même chapitre précise que Dieu ordonne à Jérémie de rédiger un nouveau rouleau contenant les paroles précédentes, augmenté de nouvelles annonces contre Jojakim, selon Jérémie 36:27-32. Le geste royal n’interrompt donc pas la transmission du message, mais provoque une réitération textuelle accompagnée d’un jugement plus appuyé.
Jérémie 36:30-31 annonce qu’aucun des siens ne s’assiéra sur le trône de David, tandis que Jérémie 22:19 évoque une mort sans honneur, comparable à celle d’un âne traîné hors des portes de Jérusalem. Les données bibliques associent ainsi brûlage du rouleau, refus d’écouter la parole prophétique et sanction dynastique. Le dossier conserve toutefois une tension historique, puisque Jojakin succède bien brièvement à son père avant la déportation.
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I
Confondre Jojakim et Jojakin. Le premier est le père, le second le fils, avec des règnes, des contextes et des références distinctes dans 2 Rois 24 et 2 Chroniques 36 -
II
Ignorer le changement de nom. Elyaqim devient Jojakim par décision du pharaon, ce qui signale une dépendance politique, non un simple usage de traduction -
III
Uniformiser toutes les dates. Les synchronisations varient entre 609 à 598 et 608 à 597 av. J.-C., selon les reconstructions historiques utilisées par les sources modernes -
IV
Réduire l’épisode du rouleau à un symbole isolé. Jérémie 36 l’insère dans une opposition continue entre pouvoir royal, avertissement prophétique et sanction dynastique
Quelle est la différence entre Jojakim et Jojakin ?
Deux rois distincts souvent confondus
La confusion tient à une proximité graphique et phonétique, mais Jojakim et Jojakin désignent deux rois distincts. Jojakim, fils de Josias, règne 11 ans sur Juda, tandis que Jojakin, son fils, règne seulement 3 mois ou 3 mois et 10 jours avant sa captivité à Babylone, selon 2 Rois 24:8 et 2 Chroniques 36:9.
Leur onomastique accentue la confusion, car Yehôyaqîm et Yehowyakiyn reposent sur des racines proches et se traduisent par des formulations voisines autour de l’idée que YHWH établit. Les outils comme Strong recensent 3078 pour Yehowyakiyn, c’est-à-dire Jojakin. La distinction correcte impose donc de suivre la généalogie, la durée du règne et les passages bibliques concernés.
Ce que devient Jojakin après la mort de Jojakim
Après la mort de Jojakim, Jojakin monte sur le trône mais se rend rapidement au roi de Babylone avec sa mère, ses serviteurs, ses chefs et ses eunuques, d’après 2 Rois 24:12-15. Nabuchodonosor l’emmène captif avec une partie importante de la cour et des élites de Juda, ce qui marque une étape majeure dans le processus de déportation.
La trajectoire de Jojakin se prolonge à Babylone jusqu’à sa libération à la 37e année de sa captivité par Evil-Merodac, selon 2 Rois 25:27 et Jérémie 52:31. Les textes divergent sur le jour exact, le 27e ou le 25e du douzième mois, mais convergent sur le fait qu’il quitte la prison, change de vêtements et mange ensuite à la table du roi babylonien.
Comment Jojakim est-il mort selon la Bible ?
La mort de Jojakim reste partiellement incertaine dans le détail narratif, mais les sources convergent sur une fin sans honneur. 2 Chroniques 36 mentionne qu’il fut lié de chaînes pour être emmené à Babylone, tandis que des synthèses comme Bible-Ouverte et UCG estiment qu’il mourut en route ou en captivité, sans sépulture identifiée.
Jérémie 22:19 formule la version la plus sévère, en annonçant une disparition ignominieuse, sans lamentation, exposée au jour et à la nuit. Cette donnée rejoint l’absence de tradition funéraire stable et la réputation d’un règne discrédité. Le dossier de Jojakim associe donc un roi dynastiquement légitime à une souveraineté politiquement dépendante, théologiquement condamnée et historiquement close dans l’humiliation.

Le cas de Jojakim articule dépendance géopolitique, crise dynastique, conflit avec Jérémie et transmission difficile entre Égypte et Babylone.
La lecture croisée de 2 Rois, 2 Chroniques et Jérémie reste nécessaire pour distinguer les faits stables des variantes textuelles.
✦ jérémie
❧ babylone



