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Le service de gynécologie - obstétrique du Centre Hospitalier de Pau

 

 

           

 

                                                    

 

 

Après s'être penchée le mois dernier sur les besoins d'accompagnement des personnes âgées dépendantes, l'équipe d'aumônerie a demandé cette fois-ci au docteur Caroline BOHEC, chef du service de gynécologie-obstétrique au Centre hospitalier de Pau, de bien vouloir lui parler de l'accueil des femmes enceintes et de l'évolution des naissances au niveau local. On compte en Béarn environ 3000 naissances annuelles, dont plus de 1700 à l'hôpital, sur un bassin de population de 200 000 habitants. Soit à peu près deux enfants par femme, un peu plus que la moyenne nationale.

 

Les structures :

 

            Madame Bohec évoque d'abord la question des structures d'accueil, après la transformation des maternités d'Orthez et d'Oloron en centres périnatals de proximité, où l'on se limite aux soins prénatals et postnatals. Seul, le centre hospitalier de Pau peut assurer dans de bonnes conditions les interventions nécessaires en cas de difficultés pathologiques. Celles-ci ne sont pas toujours prévisibles, et quand elles surgissent, les décisions à prendre sont urgentes, appelant la proximité immédiate d'un matériel chirurgical adapté et la disponibilité permanente d'une équipe compétente. Pour cela, le service ne dispose actuellement que de 35 lits, d'où la nécessité de réduire au maximum la durée d'hospitalisation des patientes. L'hôpital travaille à un projet d'agrandissement et d'aménagement complémentaire.

 

            A côté des besoins matériels se pose aussi la question du recrutement d'un personnel spécialisé. La petite équipe en poste est surchargée et pour certain(e)s… vieillissante. La persistance du numerus clausus dans les facultés de médecine (un admis sur sept candidats en majorité valables) aggrave la pénurie et touche notamment les anesthésistes, les pédiatres et les gynécologues obstétriciens.

 

Les soins autour de l'accouchement :

 

            Le service prend donc en charge les grossesses à risques. Des bébés nés à six mois de grossesse, pesant 500 grammes, parviennent à survivre, mais certains pourront  subir des séquelles, et bien entendu, tous demandent des soins intensifs. Du côté des mamans, les gynécologues vont parfois devoir pratiquer une épisiotomie, ou réagir devant une hémorragie postnatale. Ici, il faut juger de l'opportunité de recourir à une césarienne. Là, il aura fallu faire pratiquer une embolisation (technique d'intervention par cathéter sur des artères utérines abîmées).   

 

            Notre époque vit un désir de retour à des méthodes plus naturelles d'accouchement : utilisation d'une baignoire? Péridurale ou non? Recours à l'acuponcture, à l'homéopathie ou à l'hypnose pour lutter contre la douleur? Les gynécologues-obstétriciens, absorbés par leurs tâches techniques, sont relayés par trois psychologues détachés du C.H.P. pour recevoir les mamans ou les futures mamans qui rencontrent des problèmes, soit parce qu'elles se sentent incompétentes, ou qu'elles sont malheureuses d'avoir connu plusieurs fausses couches, ou parce qu'elles se découvrent stériles…

 

            Enfin, il arrive que survienne le décès d'un enfant. Comment prendre en charge la douleur de jeunes parents frappés par le deuil de leur petit? Les gens se sentent démunis. Le chirurgien ne peut pas suivre, d'où la nécessité de la présence de quelqu'un qui peut conseiller et suivre la famille dans les démarches à accomplir.

 

Le rôle des sages-femmes :

 

            L'actualité met également en avant la volonté du pouvoir de donner plus de place aux sages-femmes dans l'accompagnement des mamans, avant et après la naissance, voire au moment de l'accouchement quand tout est normal. Les sages-femmes jouent un rôle essentiel de proximité. Elles connaissent les conditions de vie des patientes, en particulier dans les secteurs ruraux éloignés. Dans les ex-maternités comme celles d'Orthez ou d'Oloron, elles donnent des cours de préparation à l'accouchement et des conseils adaptés aux jeunes femmes. Après une formation complémentaire, elles sont habilitées à accomplir certains actes médicaux comme des échographies obstétricales.  

                                                           

Le problème des handicapés :

 

            A la suite d'une question d'une participante portant sur la crainte des mamans relative à l'apparition d'un handicap chez l'embryon, le Docteur Bohec précise que la recherche d'un diagnostic anténatal s'effectue grâce aux trois échographies pratiquées systématiquement au cours de la grossesse. Et d'évoquer les diverses pathologies qui peuvent inquiéter les futurs parents, depuis la trisomie, les grosses malformations, jusqu'à l'anoxie néonatale. Se pose alors la douloureuse question de l'IVG!  Un tour de table des personnes compétentes débat toujours de la pertinence d'une demande présentée par des parents.

                       

            En conclusion, la conférencière fait part du malaise qui saisit les praticiens devant la tendance actuelle du public à la critique facile. Elle regrette que les conditions de vie professionnelle ne leur laissent plus que le temps du geste technique, sans l'accompagnement humain suffisant. D'où l'encouragement qu'elle donne aux membres de notre équipe d'aumônerie, qui, grâce au bénévolat dédié à l'écoute, ajoute sans doute quelque chose au côté humain du service.

 

            Le 27 novembre 2018

 

            Robert latapie