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Charles Bense

 

 

Sa corpulence avait disparu sous le drap mortuaire, son visage émacié avait perdu sa rondeur et sa bonhommie. L’étole autour du cou rappelait que longtemps, il avait été prêtre.

Ses yeux s’étaient refermés sur sa très longue vie. Elle avait connu les jours de clair matin où l’enthousiasme des militants labourait une terre enfin ouverte à l’espérance. Elle avait déployé l’ardeur du pasteur des grands ensembles urbains où les chrétiens maintenaient vive la flamme de la fraternité. Elle avait conçu et enfanté les plans de stratégie générale pour adapter l’église béarnaise aux conditions de vie nouvelles.

L’heure  était venue où ses lèvres taisaient pour toujours la joie éprouvée des communautés rayonnantes et des équipes ardentes mais aussi les espoirs déçus, les blessures reçues… Tous les rêves évaporés et tous les cauchemars qui sans cesse revenaient…

Ses poings vaincus avaient abandonné les combats, les emportements, les harangues qui réveillaient les cœurs quand le poids de la lassitude espérait le repos.

Il était là, l’enfant du gave, avec tous les secrets d’un homme qui a presque traversé un siècle, qui a tout connu de la misère et de la beauté de ses semblables et de lui-même.

Il ne restait qu’un mot à taire : Respect ! Le silence s’imposait et s’ouvrait à la bénédiction du Père.

                                                                       L’un de vous…

Jean Casanave