Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Aumônerie des hôpitaux de PauAumônerie des hôpitaux de Pau
Menu

Réunion de l'Equipe de l'Aumônerie avec Sophie MARIE, anesthésiste.

MIEUX CONNAITRE LE SERVICE D'ANESTHESIE

             

 

                         

 

            Ce mardi 17 novembre, l'équipe d'aumônerie entendait le docteur Sophie MARIE attachée depuis quinze ans à l'hôpital de Pau, évoquer le quotidien d'un médecin anesthésiste. Plus qu'un métier, c'est une implication personnelle, en responsabilité au sein d'une équipe, en vue de veiller sur l'état des patients au moment d'une intervention chirurgicale.

 

            Cela commence par une préparation exigeante : six années d'études en médecine, suivies de cinq années de spécialité, puis éventuellement d'une formation complémentaire en pédiatrie, en gériatrie, en réanimation d'urgence... Le métier s'exerce soit à l'hôpital, soit en libéral en clinique, soit en faculté.

 

 

                                               

 

            En temps normal, avant toute intervention, l'anesthésiste reçoit les patients en consultation afin d'arrêter avec eux les modalités adaptées à chacun : âge, contre-indications éventuelles, état du patient, choix du type d'anesthésie… Chaque personne est différente. Une hypnose légère est parfois pratiquée avant l'endormissement pour évacuer l'angoisse du patient. Les enfants demandent une pratique adaptée…

 

            Pendant l'intervention, l'anesthésiste reste vigilant, surveillant l'irruption de failles possibles qui appellent une prise de décision rapide.

 

            Après l'intervention, le patient transite par la salle de réveil, où l'on surveille l'apparition d'éventuelles décompensations : chutes de tension, anurie… L'anesthésiste prescrit alors la perfusion appropriée, l'endoscopie bronchique, le régime à observer, le suivi du "sortant" vers le service approprié. Le but est d'accompagner la personne aussi confortablement que possible dans cet univers hyper-technique où chacun doit réguler son propre stress.

 

            En cas d'urgence, le protocole "normal" est bouleversé, c'est un autre volet de l'activité d'un anesthésiste. Là, on ne connait rien d'un patient s'il est amené en urgence vitale. Il va falloir interpréter des signes, installer un monitoring de contrôle. Ou bien, il peut s'agir d'une urgence obstétricale, il faudra décider de l'opportunité d'une césarienne, tandis qu'un autre appel intervient au même moment en cardiologie…

 

            La conférencière présente alors des photos

 

 

                                                            

 

du nouveau bloc opératoire de Pau, bien fonctionnel, depuis la salle de pré-anesthésie pour les patients les plus douloureux, jusqu'à la salle de réveil. Une douzaine de salles d'interventions sont disponibles, toutes semblables pour faciliter au personnel les prises d'habitudes.

 

            Madame Sophie MARIE consacre un moment à évoquer les contraintes rencontrées par le personnel. L'anesthésiste vit dans un paradoxe : il est entouré d'une équipe de techniciens - le chirurgien en premier lieu, et des infirmiers spécialisés -, mais c'est de lui que dépend en dernier lieu l'état du patient. Il est parfois seul dans sa spécialité, surtout dans les petites structures, ou appelé auprès d'une équipe qu'il connait peu. Or la société tolère de moins en moins l'erreur, le poids du cadre médico-légal interfère de plus en plus avec la déontologie médicale. Aussi, périodiquement, des échanges sont organisés dans le cadre d'une formation continue, parfois avec des séances de simulation sur des cas complexes.

 

            Les vacations des médecins anesthésistes s'étendent sur 24 heures aux urgences. Il faut savoir s'adapter à tout moment à des situations complexes, passer d'un cas à l'autre.

 

            Le personnel doit aussi savoir se protéger des risques d'infection induits par le malade contagieux, ou par la présence prolongée dans un environnement pollué par les rayons X, les effluents gazeux, les produits allergènes comme les gants en latex… Enfin, il y a les nuits, les astreintes, les rythmes décousus, la fatigue à gérer, la distance à savoir garder, dans les moments de découragement, par rapport aux drogues toxiques à disposition.

 

            La conférencière termine en répondant avec beaucoup de simplicité, de sincérité et d'écoute à quelques questions posées par les auditeurs.

 

                                                                                                                                           Robert Latapie