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rencontre avec Marie-Noëlle GAUDEUL Psychiatre au Centre hospitalier des Pyrénées,

                                         
DEBAT AUTOUR DE L'AUTISME    

 

            Un rapport de l'IGAS (Inspection régionale des affaires sociales), paru en avril 2016, relatif aux difficultés rencontrées dans la prise en charge des troubles autistiques, a révélé au public l'actualité de ce débat. En France, les statistiques font défaut, mais la presse américaine a souligné la fréquence en croissance exponentielle de cette affection ignorée, sinon inconnue, jusqu'au milieu du XXème siècle. De quels moyens disposons-nous pour soigner l'autisme? Quelles structures peuvent accueillir les jeunes autistes dans une perspective d'intégration sociale?

 

            Ce sont les questions auxquelles le Docteur Marie-Noëlle GAUDEUL, psychiatre au Centre hospitalier des Pyrénées, a bien voulu tenter de répondre ce mardi d'octobre devant l'équipe d'aumônerie de l'hôpital.

 

            Plutôt qu'à une affection mentale caractérisée, on est là face à une gamme de comportements aux causes multifactorielles, qui rentrent dans la famille globale des "TED" (Troubles envahissants du comportement). Le trouble apparait plus ou moins tôt, le plus souvent vers l'âge de trois ans, au moment de la formation de la personnalité. Ces dysfonctionnements comportementaux peuvent se ranger dans trois classes :

 

            -  Difficultés d'intégration dans la relation sociale : isolement au sein du groupe, manque d'empathie dans les rapports avec les autres, inadaptation des ressentis émotifs ou de leur expression. Ces enfants au regard vide qui ne réagissent pas à l'appel de leur nom…

 

            - Perturbation de la communication verbale ou non verbale : la plupart du temps le langage est déficient, des compétences tardent à être acquises. Les perceptions sensorielles (sensibilité aux bruits, à la lumière, à la douleur, aux odeurs…) sont différentes, tantôt exacerbées, vécues comme agressives, tantôt absentes. Quelle conscience d'eux-mêmes éprouvent-ils?

 

            - Attitudes stéréotypées, comportements répétitifs, intolérants aux changements. Intérêts restreints, ou exclusifs (on cite des cas d'adultes passionnés, devenus brillants dans une spécialité, et pourtant gardant des symptômes de leur trouble comportemental).

 

            On ne connait pas les causes de ces troubles. L'hypothèse psychanalytique est aujourd'hui abandonnée au profit d'une recherche cognitive, neurobiologique ou génétique, mais les résultats ne sont pas là. Il n'existe pas de traitement médicamenteux efficace.

 

            La variété des symptômes rend le diagnostic complexe. Chaque enfant est différent, et l'évolution de son développement variable d'un individu à l'autre. Les tests habituels (sanguins, radios, intellectuels) sont inopérants. Quand l'enfant ne sait que hurler, quand il ne répond pas aux sollicitations, quand il ne s'intéresse pas à ses jouets ni à une gourmandise, une approche clinique approfondie s'impose, suivie d'un accompagnement durable.

 

            Où l'on revient au problème de la prise en charge sociale couteuse de cette affection! Quelle structure est la mieux adaptée? L'intégration sans précautions dans le système scolaire n'est pas toujours pensable, les enseignants y sont rarement préparés, et les autres enfants sont troublés par ce comportement perturbateur.

 

            Alors, disent les parents dépassés : l'internat? L'hôpital de jour? Il y a aussi les autistes physiquement handicapés. Il n'existe pas de solution toute faite. Une structure d'accueil reçoit au centre hospitalier des Pyrénées, et une association existe sur le secteur, Autisme Pau Béarn, destinée aux parents.

 

Robert Latapie

 bénévole à l'Aumônerie