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Rencontre avec Hélène Carbonnier Psychologue en Pédiatrie

                                     

 

 

          Mardi 9 février, l'équipe d'aumônerie de Pau accueillait Hélène Carbonnier, psychologue clinicienne, qui travaille dans le service de pédiatrie et l'Unité médico-judiciaire du centre hospitalier de Pau.

 

          Hélène Carbonnier a participé en tant que psychologue aux réflexions de la commission d'éthique de l'hôpital avant que celle-ci ne soit réduite depuis 2012 aux membres du corps médical.

 

          Après avoir exercé son activité dans le service d'infectiologie auprès des patients souffrant d' addictions diverses, ou atteints par le VIH, Madame Carbonnier reçoit et visite aujourd'hui les enfants et les adolescents en difficulté que le service de pédiatrie lui adresse. Derrière leurs atteintes organiques - maux de tête ou de ventre, désordres alimentaires, manifestations psychosomatiques - ces jeunes cachent parfois des souffrances d'ordre moral ou relationnel qu'il faut démasquer et traiter. Madame Carbonnier cite les anxiétés de l'adolescence, les interrogations des enfants adoptés… Ceux aussi qui sont déstabilisés par une maladie grave ou contraignante comme un diabète ou un cancer, qu'il faut aider et apaiser.

 

          La praticienne choisit pour cela les techniques qui lui paraissent les plus appropriées, depuis l'entretien classique, la psychothérapie comportementale… Elle cite notamment la thérapie familiale, souvent utile pour démêler les conflits générateurs d'angoisses ou pour défouler des non-dits oppressants.

 

          Madame Carbonnier décrit ensuite une technique de relaxation devant la souffrance qui, sans être nouvelle, n'est que peu utilisée, et qui commence à prendre corps, en particulier chez les anesthésistes : l'hypnose.

 

          La pratique médicale de l'hypnose suppose une formation sérieuse et encadrée. C'est une technique de communication "positive" qui, avec son accord et ses mots à lui, entraine le sujet à occuper son esprit ailleurs que sur sa souffrance actuelle. On place d'abord le sujet dans un état de relaxation favorable : recherche d'un environnement calme et sécurisant, position confortable, yeux fermés, respiration tranquille… avant d'induire et de faire défiler des images extérieures qui font appel à tous les sens et entrainent l'esprit hors du présent redouté.

 

          On peut réduire des phobies de cette façon. Les enfants sont réceptifs à cette méthode. A l'issue de la séance, ils sont invités à garder en mémoire le contenu de ce que leur imagination a évoqué, afin de le réactiver lors de l'éventuelle survenue d'une nouvelle crise.

 

          Bien entendu, cette technique a ses limites, elle ne s'adresse pas aux jeunes filles atteintes d'anorexie. Le cas de celles-ci implique un traitement lourd et particulier, où la thérapie familiale joue un rôle. Elle est également impuissante auprès des psychotiques, trop déstructurés pour entrer dans ce genre de communication.

 

          Avant de terminer, comme madame Carbonnier dit quelques mots sur les cas qui lui sont adressés pour expertise par le juge dans le cadre de l'Unité médico-judiciaire. Nous sommes surpris de la fréquence des désordres familiaux qui peuvent atteindre et marquer des enfants.

 

          Merci, madame Carbonnier, pour cet éclairage.

 

                                                                                                                    Robert Latapie