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POURQUOI visitons - nous les Malades ? questionnement de l'Equipe de l'Aumônerie

 

                                  

          

 

  Pourquoi je continue à visiter les malades? Quel sens je donne à ces visites? A quelle nature de désir cette démarche correspond-elle en moi? Quelles sont mes motivations profondes? Telles sont les questions autour desquelles Catherine MAZEREAU, psychologue clinicienne, appelait, ce mardi 13 décembre, les membres de l'équipe d'aumônerie à s'interroger.

 

            Les divers témoignages soulignaient que cette démarche se situait d'abord sur un plan humain : "Quand je visite, ma démarche n'est peut-être pas totalement gratuite, car je suis heureuse quand j'éprouve en retour la petite satisfaction personnelle d'avoir conduit une bonne action". La rencontre répond-elle alors à un désir du visiteur (de la visiteuse) ou à un besoin du malade? Sans doute aux deux, la contradiction n'étant qu'apparente. Ainsi, d'un mal naît l'occasion d'un bien.

 

            "Quand la difficulté de la démarche est surmontée, la joie du service rendu me donne davantage le sens de la valeur du vivant."

            "Je ne sais pas ce que cela m'apporte, mais cela m'a aidé dans des moments difficiles de ma vie."

            "Moi-même, j'ai été physiquement éprouvée. J'ai eu la chance de me relever. Faire profiter les autres de mon expérience est pour moi ma façon de remercier."

            "Moi aussi, j'étais en fauteuil roulant. J'en suis sortie. Alors c'est un rendu, le Seigneur m'a mise debout, c'est maintenant à moi d'aller au-devant de ceux qui souffrent."

            "Je découvre en moi du bien, mais aussi ma fragilité, mes insuffisances."

            "Ce que je cherche à travers l'autre, c'est une étincelle de vie. Je souhaite lui donner envie de vouloir vivre. Je me sens alors en dépossession de moi-même, en phase de purification."

 

            Se pose alors la place de la foi dans ces échanges, puisque nous sommes mandatés par l'aumônerie:

            " Quand je visite un malade, je cherche à découvrir des signes de sa vie spirituelle, c'est elle qui donne un sens à la relation."

            Reconnaître une spiritualité, (c'est-à-dire un esprit) chez l'autre, ce n'est pas encore dépasser le plan humain, les personnes athées ont une spiritualité. La foi s'implique, certes, dans l'échange, mais dans un total respect des personnes. Elle consiste à discerner dans les rencontres un regard de Dieu. Porter l'Evangile passe autant par les actes que par la parole :

 

            " Avant d'être là, j'allais à la messe régulièrement. Au début de mes visites, je voulais répondre à un appel de Jésus : Ce que tu feras au plus petit d'entre les miens…  A  présent je vis l'Evangile à chaque fois que j'entre en relation cœur à cœur avec la personne visitée."

           

            Le chrétien qui visite cherche à discerner l'attente que Dieu porte sur chacun, et d'abord sur lui-même. Les personnes que je croise sont comme autant de marches qui ouvrent la voie, autant de moyens de nous donner à Dieu.

 

            Se rappeler enfin que, au-delà de chaque personne visiteuse, au-delà de chaque contact inter personnel, ce qui est signe devant les malades, leurs familles, et pour le personnel, c'est l'ensemble de l'aumônerie.

 

                                                                       Robert LATAPIE