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Le cartable neuf

de Frère Yves COMBEAU, o.p.

                                            

 Je n'ai jamais beaucoup aimé la rentrée. Elle tombait le jour de mon anniversaire, le 15 septembre, et ce n'est pas le cadeau qu'espère un enfant.                                  

 L'été était fini, et avec lui le soleil, les courses sous la charmille, le grand plongeoir de la piscine, les fous-rires des cousins, les vieux vélos qui avaient résisté à plusieurs générations d'aventuriers et surtout cette liberté que donne la complète absence de soucis. La vie des enfants en vacances est aussi dégagée que l'océan depuis la plage. Mais vers la fin d'août, la rentrée montait insidieusement à l'horizon, comme les nuages de la mer...

Il y avait cependant une consolation : le cartable neuf. Et même si le cartable n'était pas neuf, toutes les affaires neuves qu'il contenait. Les crayons sentaient encore le bois et le papier des cahiers était lisse et lustré. Ce qui est neuf est vierge ; mes cahiers promettaient tous les succès, puisqu'ils ne contenaient encore aucune note. Au moins, s'il fallait affronter les devoirs de la vie d'enfants, j'étais armé de neuf, exempt de souillure.

Parvenu à l'âge adulte, nous n'avons plus de cartable neuf, ne direz-vous. Et il y a bien longtemps que nous n'avons pas relevé un défi aussi neuf et aussi dégagé de passif que lorsque nous rentrions en classe. Nous traînons toujours quelque chose, une fatigue et de vieux échecs, des habitudes et quelques désillusions. Bonnes ou mauvaises, nos vieilles affaires et nos vieilles notes nous suivent.

Vraiment ? Mais je connais, moi, le moyen de repartir à neuf. Et, à dire vrai, vous le connaissez aussi. C'est la messe, c'est la réconciliation, c'est la prière, c'est une retraite ; c'est l'amour du Seigneur qui ne fait pas que consoler ; qui purifie. Au sortir du confessionnal, nous sommes aussi vierges que l'étaient les pages de nos cahiers d'enfant sur le chemin du premier jour d'école. Et nous pouvons tout recommencer, tout reprendre, tout mieux faire que nous ne l'avons fait.

Une nouvelle année scolaire va commencer. Nous n'irons pas à l'école, mais nous prendrons de nouveaux engagements ou renouvellerons ceux que nous avons pris, nous repartirons pour une année de travail ou de bénévolat ou de tout ce qui tisse nos mois. Pourquoi ne pas donner à notre rentrée un cartable neuf ? Il suffit de la demander au Seigneur.

                                                                                                             

(Le Bulletin - Vivre l'Evangile à la TV - août - sept 2015)