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Le Carême, saison des retrouvailles

avec Frère. Yves COMBEAU, o.p.

 

                                     

 

 

                    Printemps :  saison des fleurs, des giboulées, et du légume à l’eau. Le légume à l’eau à cause du carême. Et c’est bien ainsi que, le plus souvent, nous nous représentons le carême. Le temps du légume à l’eau, du poisson bouilli, des vents aigres, des sermons austères. Ne dit-on pas « une face de carême » ? Pour les plus jeunes, le carême évoque plutôt le bol de riz et l’ « action de solidarité » à destination du tiers monde. (J’ai encore sur les lèvres le goût du bol de riz annuel de la cantine de mon école. C’était il y a trente ans ! »

                 Ces souvenirs du carême, et même cette réalité – je me prépare de mon mieux à affronter le poisson bouilli de mon couvent, comme tous les ans -  ne sont pas faux : le jeûne, la charité, la maitrise de soi, la sobriété, le recueillement, la pénitence, tout cela fait partie du carême.

Comme autant de moyens. Le but, quant à lui, est de se replacer face à Jésus, qui a donné sa vie pour nous. De se débarrasser de tout ce qui nous encombre, à l’extérieur et à l’intérieur, pour n’avoir plus devant les yeux et dans le cœur que l’essentiel, qui est Jésus mort et ressuscité            

                Les Israélites savaient bien que la voix de Dieu ne s’entend clairement qu’au désert, ou bien sans le secret d’une pièce close. Pour entendre Dieu, il faut éloigner le brouhaha. C’est pour cela même que le carême est dépouillement ; non pas que les chrétiens seraient fascinés par le haricot sans beurre, l’austérité et le silence – les chrétiens aiment la vie, et le bonheur, et le rire -,  mais parce que Dieu demande,  pour être contemplé et entendu, un peu d’effort et d’intimité. Exactement comme un couple a besoin, pour se bien parler, de s’isoler parfois de ses amis et de ses enfants.

              Le carême n’est donc pas le temps du manque ; c’est le temps, au contraire, des retrouvailles. Ecarter le superflu, délaisser les bagages encombrants, se retrouver tel qu’on est en vérité devant le Christ. Il peut arriver que ce dépouillement nous soit imposé par la santé ou quelque autre cause ; il peut arriver qu’il nous coûte ; il peut arriver que nous n’arrivions pas …. Ce n’est pas très grave. Le christ sourit à ceux qui le cherchent sincèrement. Même s’ils sont maladroits ou naïfs, et nous le sommes tous un peu.

              Quel que soit, donc, notre effort de carême, petit ou grand, souvenons-nous du but : tenir le christ pour seul essentiel, et le reste pour accessoire ; célébrer nos retrouvailles avec Jésus.