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LA MADELEINE

                                         

 

                Il fallait bien lui rendre visite. La première, elle l’avait vu ressuscité. S’était-elle remise du choc émotionnel ? La chaîne pyrénéenne n’avait pas encore ôté l’écharpe étincelante qui couvrait son col bleu. L’Orhy sortait lentement de sa torpeur hivernale ; l’Anie écrasait de sa masse pyramidale les arrhes de la Pierre ; l’Ossau, au loin, ouvrait son bec de dauphin ; les nuages promenaient leurs doutes dans le ciel encore incertain. « Etait-ce bien Lui ? » Et la Madeleine* était là, calme et sereine, offrant ses formes féminines au pèlerin pascal. Elle veillait depuis toujours sur la Haute Soule et sur la plaine béarnaise jusqu’à l’horizon des Landes. Elle caressait maternellement les proches collines du Barétous, les quartiers éloignés et ces fermes isolées parties un jour à l’assaut des pentes herbeuses dont raffolent les brebis. Comment de ce promontoire béni ne pas faire mémoire de ces premiers paysans qui, souvent par nécessité, conquirent ces forêts et ces broussailles, épierrèrent ces talus et apprirent l’art de composer ce puzzle aux formes harmonieuses qui dessine le décor étendu à ses pieds. Pendant des générations et des siècles, en dépit des avanies de l’histoire et de la rudesse des temps, ils menèrent un âpre combat jusqu’à apprivoiser cette nature hostile pour en faire aujourd’hui l’assise de belles fermes modernes et accessibles. Comment ne pas souhaiter à ces éleveurs d’aujourd’hui, à ces artistes qui étalaient ce jour-là devant nous toute la palette des verts nouveaux, de pouvoir vivre décemment de cet héritage qui respecte à la fois la géométrie imposée par la montagne, l’empreinte de l’homme et l’avenir de la terre. A ceux que chagrinerait cette antenne hirsute qui dépare avec la modestie de la chapelle, il convient de rappeler que la Marie de Magdala fut à l’origine de la propagation de cette nouvelle qui envahit les ondes : « C’est bien vrai ; Il est Vivant ! ». Puisse la Madeleine de Soule unir dans un même réseau tous ses enfants dispersés autour du « Bon Berger » qui connaît le chemin véritable de l’humanité. * Nom donné à un sommet au dessus de Tardets (64)

 

                                                               

 

 

 

   JEAN CASANAVE