Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Aumônerie des hôpitaux de PauAumônerie des hôpitaux de Pau
Menu
Navigation

LA MALADIE D'ALZHEIMER avec le Docteur Cyril Kervinio - gériartre

 

 

            Comment approcher les personnes atteintes de troubles neuro-dégénératifs tels que la maladie d'Alzheimer? C'est à ce souci des visiteurs de l'équipe d'aumônerie que le docteur Cyril Kervinio, gériatre, tentait de répondre ce mardi 15 novembre.

                             

 

                                          

           

 

Selon le docteur, la prise en charge de ces patients appellerait une formation spécifique qui ne fait pas l'objet jusqu'à maintenant d'une spécialité à part entière.

 

Les symptômes :

                                          

                        

          

 

On ne connait pas bien les facteurs déclencheurs de ces maladies. Les troubles s'infiltrent la plupart du temps de manière insidieuse quand les personnes vieillissent. Il s'agit alors de discerner entre les pertes normales liées à l'âge et les symptômes qui signent l'apparition de lésions graves et irréversibles du système nerveux central.

 

            Différentes fonctions sont touchées. Le conférencier énonce les troubles qui perturbent progressivement le comportement :

- pertes de mémoire qui atteignent le souvenir des mots, des noms, des visages, des conversations et des situations récentes …

- difficulté à se localiser dans le temps et dans l'espace

- difficulté à reconnaître l'utilité des objets usuels,

- incapacité à se projeter et à s'organiser

- perte des gestes simples de la vie quotidienne (habillage, toilette, manger…)

- comportement relationnel perturbé qui rend les échanges impossibles ou du moins très difficiles.

 

            Le sentiment de la perte de la conscience de soi entraine une angoisse existentielle qui selon les cas provoque dépression ou au contraire agitation et agressivité.

 

Les bonnes attitudes :

 

            Le docteur énonce quelques conseils susceptibles d'aider les visiteurs.

 

            D'abord considérer avant tout que le patient mérite le respect, il a eu une personnalité, un vécu dont il est bon de connaitre l'essentiel, afin de pouvoir l'évoquer avec lui de manière empathique. C'est la maladie qui génère sa susceptibilité, qui transforme son caractère et le rend méconnaissable.

 

            Conscience de l'importance d'une communication non verbale :

 

            Le conférencier souligne l'importance d'une communication non verbale, préalable à l'échange de paroles. Et d'énoncer quelques précautions destinées à préparer l'écoute  :

 

- s'assurer du confort de la personne, du calme ambiant, de l'absence de bruits parasites.

 

- montrer un visage avenant qui met en confiance, posant le regard au même niveau que celui de la personne visitée.

 

- s'appliquer à un toucher et à des gestes rassurants, sur les bras, sur les mains (le toucher du visage est plus délicat, il faut éviter le sentiment d'intrusion)

 

- éprouver l'opportunité de la proximité des corps : se tenir d'abord en face, s'approcher sans hâte, car les patients fragilisés dans leur être se sentent vite menacés. 

 

            Et surtout, prenez soin de vous !

 

 

                   

            Le docteur décrit ensuite les difficultés que peuvent rencontrer les visiteurs :

cris et agitation, hallucinations et délires, déambulations errantes, troubles de l'alimentation, gestes déplacés, ou alors, attitude apathique, sans ressort.

 

            L'idée générale est d'entendre la plainte de la personne, sans la contredire, mais sans s'en rendre complice. Vérifier les conditions rassurantes de son environnement, favoriser ses initiatives tant que sa sécurité est assurée, déceler ses centres d'intérêts.

 

            Se dire enfin, qu'une simple présence auprès d'elle est déjà beaucoup pour rompre son sentiment d'isolement.

 

            Le docteur laisse penser à plusieurs reprises que les médicaments sont de peu d'effet, le temps passé auprès des malades est au contraire un facteur important d'apaisement. De ce point de vue un bénévolat compétent est bienvenu, même s'il appelle un effort d'intégration dans la structure hospitalière.

 

                                                                             Notes de Robert Latapie 

 

P.S. Quelques lectures conseillées :

 

1 - Ce que nous enseignent les malades d'Alzheimer

                                   Louis PLOTON

                                   Edts. Chronique sociale

 

2 - A l'écoute de ton visage                          

                                   Jean WITT

                                   Edts. Desclée de Brouwer

            L'ultime accompagnement d'une malade d'Alzheimer

 

3 - Alzheimer mon amour

                                   Cécile Huguenin

                                   Edts. Hélène d'Ormesson

            Magnifique hommage d'une épouse à son mari

 

4 - Alzheimer et démence

                                   Thierry Collaud et Conception Gomez

                                   Edts. Saint-Augustin, 2010

            Rencontrer les malades et communiquer avec eux