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Accompagner la souffrance spirituelle. Réflexions avec Catherine Mazereau psychologue

 

                                  

 

 

            Etre présent et sensible à la condition souffrante de la personne malade, repérer ses angoisses existentielles, répondre à la quête de sens qui l'anime au moment de dresser le bilan de son vécu, n'est-ce pas la volonté respectueuse du visiteur qui se présente à la porte de la chambre?  Bien sûr, missionné par  l'aumônerie, il est croyant, catholique en l'occurrence, mais il se présente d'abord comme un frère ou une sœur de la famille humaine, et en reste là selon l'accueil qui lui est fait.

 

            Le thème de la réunion d'aujourd'hui, 1er mars, animée par Catherine MAZEREAU, portait sur la recherche d'une définition de la spiritualité humaine. Dans quelle mesure le patient hospitalisé, hors des soins donnés à son organisme, appelle-t-il une prise en charge plus globale de son "humanité". L'aumônerie participe à son niveau à cette ambition, ses membres se doivent d'être au clair avec eux-mêmes avant d'oser parler de souffrance face à des personnes qui la vivent.

 

            Le mystère de l'esprit conscient ( "spiritus" : le souffle vital), fruit de connexions cérébrales multiples, n'est évidemment pas près d'être levé, et il est évident qu'une personne qui se dit athée ne manque pas d'éthique ni de spiritualité! Ainsi, ce patient, devant la visiteuse, lui expliquant un jour que, "ne croyant pas en Dieu, il ne pouvait pas s'en prendre à Lui de sa souffrance". Toute recherche de sens est une manifestation de spiritualité, et celle-ci évolue au cours de la vie.

 

            Les participants apportent alors divers témoignages :

 

 - Au contact des malades, j'ai pris conscience que le fait d'être en bonne santé me faisait un devoir

 de rencontrer et d'entourer des personnes qui ont besoin d'amour. J'ai mieux compris la profondeur de la démarche d'un "Dieu fait Homme".

 

- On parle d'épreuve à propos de la souffrance, un peu comme d'un examen de passage. Pourquoi la nécessité d'une épreuve?

 

- Dans l'action, on n'a peut-être pas le temps

ou le désir de se poser des questions.

 

Au contraire, l'hospitalisation (voire la prison) donne l'occasion de réfléchir au sens de la vie.

 

                                         - Quand la durée d'hospitalisation se prolonge, un sentiment d'amitié peut naître entre la personne visitée et le visiteur, souvent favorable à l'approfondissement du dialogue.  Le raccourcissement actuel à deux ou trois jours des durées d'hospitalisation, pour des raisons de coût, ne va pas favoriser ce type de relation. Faudra-t-il développer une méthode de suivi après le retour au domicile? Et comment organiser un tel service? 

       Un dernier témoignage de fraternité, en conclusion : 

  " J'étais dans une chambre à deux, avec une personne qui attendait la mort. Nous avons prié ensemble, je lui ai donné la communion, puis nous avons respecté un moment de silence chargé d'émotion. Au moment de sortir, la voisine, musulmane, m'a remerciée de l'avoir aidée à prier.     

                                                                           

   Toute rencontre est unique. C'est une                                                                                            preuve de spiritualité!

 

                                                                                                                          

 

 

 

Robert Latapie