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Au travail !

                                       

                                  

 

Beaucoup d'entre nous, ont déjà repris le travail.  Pour  les  enfants, ce sera en septembre. Avec assez peu de plaisir pour la plupart des enfants, avec des sentiments variables, j'imagine, pour les adultes.

J' ai demandé  un jour  à un professeur  de morale au séminaire (pauvres  professeurs de morale, ils essuient les questions  les plus saugrenues) pourquoi il fallait travailler. S'instruire, je le comprenais, mais travailler ? Pour gagner son pain ? Pour accomplir, à la sueur de notre front, la malédiction d'Adam ? Ou bien y avait-il quelque raison plus heureuse?

La réponse fut : pour achever la Création.

 

Le travail humain achève la Création ; par notre travail, nous enrichissons , complé­ tons, poursuivons l'œuvre de Dieu. Nous faisons pousser les fruits et les fleurs , nous ouvrons des routes et construisons des mai­sons, nous nettoyons , rangeons , réparons. Surtout , nous achevons la créature la plus réussie de Dieu, l'homme, qui est certes une merveille mais qui a besoin pour vivre d'un apprentissage , de vêtements , de nourriture, d'aller de ci et de là, de s'abriter, de se soigner, de parler, de rire, de rêver, et qui serait bien embarrassé d'obtenir  tout cela sans aide. L'homme est un être fragile et beau­ coup d'entre nous, par leur travail, remédient d'une façon ou d'une autre à cette fragilité; l'homme est un être social et beaucoup d'entre nous, par leur travail , établissent des liens, règlent ou réparent des relations, enfin servent la société.

 

Certes, comme l'homme a parfois un cerveau de sansonnet, notre travail , mal compris, peut nuire à la Création , non seulement au sens premier qu'au lieu de servir et d'orga­ niser nous perturbons et détruisons (hélas! Le plus souvent sans le vouloir), mais aussi au sens que nous ne servons pas vraiment l'homme ni la société. Toutes sortes de dé­sirs, de caprices, de vanités peuvent ainsi détourner notre travail de son sens véritable .

 

Il n'en reste pas moins que nous, et par­ticulièrement nous, les chrétiens , depuis notre baptême, sommes responsables de cette Création, et de tout ce qui y naît. Le Seigneur nous l'a remise et nous a remis ce joyau, l'homme: à nous d'en prendre soin. Certes, nous pouvons penser que notre travail actuel, celui qui nous nourrit, est assez loin de servir l'homme et même, je ne vous le souhaite pas mais c'est possible, de servir à quoi que ce soit. Ce manque de sens peut être très pénible. Car nous ne sommes heureux que dans un travail qui sert autrui, même très modestement ; un travail qui nous permet d'accomplir notre vocation, gardiens, tuteurs et continuateurs de l'œuvre de Dieu. 

 

                             

                                                                              

Fr. Yves COMBEAU, o.p    .