Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Aumônerie des hôpitaux de PauAumônerie des hôpitaux de Pau
Menu
Navigation

Saint Benoît, père du monachisme

                                                 

 

On connaît peu la vie de saint Benoît (480 – 547). Il a pourtant rédigé la règle qui régit l’un des ordres monastiques les plus importants.

 

Toute sa vie, saint Benoît a pris la route à la recherche des conditions propres à une vie monastique exigeante, dans le silence et la contemplation.

Deux sources attestent de l’œuvre de saint Benoît : un texte législatif intitulée la "Règle des monastères" et une biographie du pape saint Grégoire, rédigée en 593-594.  Ce dernier présente Benoît de Nursie comme un homme simple qui a le sens du concret, plutôt que comme un spéculatif et un doctrinaire. Pour se que sa règle soit accessible à tous, il préfère s’appuyer sur des exemples concrets, plutôt que d’imposer des principes abstraits.

Né dans une famille italienne aisée, vers 480, à Nursie, Benoît part étudier les lettres et le droit à Rome, vers 495. La vie libertine étudiante dégoutte l’adolescent qui décide de tout quitter. Il gagne le sud et mène alors une vie simple, de contemplation et de lecture, à Enslide. Benoît a une sœur sainte Scholastique, qui se consacra à Dieu dès sa plus tendre jeunesse, rêvant de suivre son frère. Moniale, elle se rapprocha de son frère, quand il se fut établi au Mont-Cassin.

Dans sa quête de Dieu, Benoît sent le besoin de s’isoler davantage. Il descend vers le sud jusqu’à Subito, à 70 kilomètres de Rome. Il y débute une vie d’ermite, réfugié dans une caverne "inaccessible". Romain, un moine, le ravitaille en lecture et en nourriture au moyen d’une corde. Benoît a environ 20 ans et sa sainteté est déjà réputée.

Les vieux moines du monastère voisin de Vicovaro rendent visite à l’ermite et  lui demandent de devenir leur supérieur. Benoît accepte. Il tente de réformer la communauté, en proie au laisser-aller. Mais en vain car son action dérange à tel point que des religieux tentent de l’empoisonner en versant dans son verre de vin des plantes mortelles. Au moment où il la bénit la coupe d’un signe de croix, celle-ci se brise.

Benoît reprend la route pour Subito. Il y construit douze monastères qui accueillent chacun douze moines – comme les apôtres. Son action et sa vertu le mettent de nouveau en danger. Ses exigences  agacent et on tente encore de l’assassiner. Mais Benoît s’aperçoit que sa nourriture contient du poison quand un corbeau recrache les miettes de pain qu’il s’apprêtait à manger.

En 529, Benoît et quelques moines s’installent dans une ancienne forteresse qu’ils transforment en monastère, sur le mont Cassin, à 529 mètres d’altitude. C’est sur ce promontoire rocheux qu’il terminera sa vie vers 547.

La règle de saint Benoît

C’est aussi sur le Mont Cassin que Benoît de Nursie rédige sa règle vers 540. Celle-ci régit encore la vie de milliers de moines aujourd’hui. Il s’agit d’une œuvre courte. Le rythme de la vie du moine y est détaillé, entre prière, travail, charité fraternelle, accueil et repos. Son quotidien s’y organise autour d’une vie de communauté dans laquelle l’abbé est père et les religieux sont frères. Au fil de la journée s’égrènent les offices de la liturgie des heures.

La célèbre formule "Ora et Labora" ne figure pas dans cette règle. Elle fait référence à nombre de ses prescriptions "L’oisiveté est ennemie de l’âme, c’est pourquoi, à certaines heures, les frères doivent s’occuper au travail des mains et à certaines autres à la lectio divina." "Ils sont vraiment moines lorsqu’ils vivent du travail de leurs mains comme nos pères les apôtres." Mais la prière prime : "Au premier signal de l’office, que chacun quitte son travail."Cette règle aura régit la vie d’une multitude de moines.

Comme Abraham, saint Benoît est devenu le père de nombreux hommes qui, dans la solitude, la prière et le silence, ont cherché Dieu comme unique but de leur vie. Ses reliques ont été transférées en 703 jusqu’à Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret), dans l’abbaye de Fleury. Elles y sont toujours vénérées. Saint Benoît, patron de l’Europe, des agriculteurs, des cavaliers, des conducteurs de machines, des réfugiés et des spéléologues est fêté le 11 juillet.

François-xavier Mathieu