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Bruno Chenu, méditation pascale

 

"Le chemin d'Emmaus est tout simplement le chemin de chacune de nos vies", écrit le théologien assomptionniste Bruno Chenu.

 

Le chemin d'Emmaus est tout simplement le chemin du monde et de chacune de nos vies. Si, des deux disciples tournant le dos à Jérusalem, un seul est nommé, Cléophas, c'est pour que chaque être humain puisse s'identifier à l'autre. Combien de déceptions et désillusions sont inscrites dans cet éloignement de la Ville sainte ! On avait tout misé sur une personne, sur une cause, et la violence des hommes a fait son oeuvre.
Mais voici qu'un inconnu surgit et marche avec les disciples. Il écoute leur douleur et se risque à faire un cours d'exégèse. « Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ? » Autrement dit, entrer dans l'intelligence de la Bible, c'est comprendre que Dieu avait rendez-vous avec la croix.

Quand la route de l'Ecriture semble se terminer, l'inconnu fait mine d'aller plus loin. Alors les deux disciples ragaillardis exercent une amicale pression : « Reste avec nous. » A l'écoute de la Parole, ils joignent la pratique de l'hospitalité. Les trois se retrouvent à table. Et là l'inconnu préside le geste de la fraction du pain. L'enseignement partagé devient le partage enseigné. Du coup, les yeux s'ouvrent : Jésus est vivant, ressuscité. C'est dans l'acte du partage du pain que les disciples reconnaissent leur Maître. Mais au moment même de la reconnaissance, Jésus devient invisible, insaisissable. Emmaus est un apprentissage de l'invisible. Impossible de « garder à vue » le Seigneur. Mais désormais le « visage sombre » fait place au « coeur brûlant ». Les disciples se remettent debout et leur retour à Jérusalem marque le retournement de leur tristesse en joie, de leur éloignement en communion, de leur démission en mission.

Chaque année, Pâques est une invitation à reconnaître le troisième homme. Pas celui des ovnis et des fantasmagories. Mais celui qui se livre dans la parole, l'hospitalité, le partage du pain, la sortie de soi, le témoignage. Et qui nous fait reprendre la route pour que tous les Emmaus du monde deviennent une seule Jérusalem, la cité du peuple de Dieu, la cité de Dieu.