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Les JMJ de Pologne Réflexions du Père Combeau

Le cœur et la foule ?

 

                                                       

 

Les JMJ de Pologne qui vont occuper une part de notre été 2016 me rappellent par anticipation des JMJ que les jeunes pèlerins d’aujourd’hui ne peuvent avoir vécues, car ils étaient à peine nés alors, mais auxquelles je fus, moi, comme jeune : celles de 1991. Qui avaient déjà eu lieu à Cracovie et à Czestochowa. Ce fut, pour moi, une expérience fondamentale. Pourtant,  vingt -cinq  ans plus tard je n’ai plus du tout  envie d’aller aux JMJ et j’admire mes confrères prêtres qui vont partir pour les plaines torrides de la Pologne en août, dans des autocars bondés, afin de crier le nom du pape parmi un ou deux millions de gamins apparemment imperméables à toute fatigue.

…Je caricature un peu. Mais pas tant que cela. Il me semble que beaucoup d’entre nous ont mal à comprendre ce que sont les JMJ, pourquoi elles attirent tant et l’effet qu’elles produisent. Nous avons appris que la prière est silence, pas hurlement ; que le recueillement est solitude, pas masse humaine.

Certes, nous comprenons bien que les JMJ sont aussi un voyage de rencontre avec d’autres chrétiens et d’autres Eglises ; que cent activités sont proposées aux jeunes autour des grandes manifestations ; que dans le fait même de voyager de façon spartiate, de manger en général assez mal et de dormir en général assez peu, les jeunes vivent une forme de dépouillement qui est bien d’un pèlerinage. Mais ces grandes veillées à plus d’un million, de deux millions de jeunes ? Quel peut-être leur sens – au-delà du sentiment assez primaire et qui n’a rien de chrétien – et qu’y vivent vraiment les jeunes ?

Voici la réponse. Elle est curieuse, parce que contraire à ce qu’on s’imaginerait. Dans la grande foule, le Seigneur parle au cœur. Comme si l’énorme poids de la masse parvenait seul à briser la coquille qui enferme le cœur. L’expérience spirituelle que font les jeunes aux JMJ n’est pas une expérience de foule, mais une expérience intime. Beaucoup ont le sentiment d’être pour la première fois de leur vie en présence de Dieu ; beaucoup y entendent l’appel que le Seigneur leur adresse depuis toujours à l’amour, à la paternité ou la maternité, à la vie consacrée, au don de soi, enfin à la sainteté.

La foule et le cœur, le grand nombre et l’intime, la promiscuité et le secret de l’âme, le vacarme et l’amour… Quand nos jeunes reviendront des JMJ, évitons de plaisanter. Ils en parleront comme d’un concert de rock, ils les auront vécues comme leur Buisson ardent.

 

Frère Yves COMBEAU, o.p.

(Vivre l’Evangile à la télévision – juin – juillet 2016)