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Eloge du Baroque avec le frère Matthieu

L'EQUIPE D'AUMONERIE A L' ABBAYE DE TOURNAY 

 

       

 Ce mardi 7 juin, à l'occasion de sa sortie annuelle, l 'équipe d'aumônerie de Pau a retrouvé le frère Matthieu Saulière de l'abbaye de Tournay, pour l'entendre commenter une nouvelle série de retables baroques pyrénéens, comme il sait les décrire et les analyser. C'est ainsi que nous nous sommes arrêtés à l'église de l'Assomption à Séméac, puis à Bours, à Dours et enfin à saint-Christophe d'Orleix.

   L'âge d'or du retable fut initié par la Renaissance, quand, à l'issue du Concile de Trente, l'officiant a dû célébrer dos au peuple. Les regards des fidèles devaient converger vers le tabernacle, disposé au centre du chœur, face au célébrant. Le tabernacle, en bois doré orné, surmonté de l'agneau pascal, accueillait la sainte Réserve de la Présence réelle, telle                      que nouvellement redéfinie par le concile. C'est autour de lui que tout s'organise.

 

   L'architecture du meuble s'articulait autour de ce point central. Des tableaux de la vie du Christ l'entouraient, entre des représentations des évangélistes, de Marie, de Saint-Pierre et Saint-Paul, et des saints patrons locaux.

   Maiis la dynamique du retable invitait à élever le regard progressivement : d'abord vers l'ostensoir rayonnant dans sa niche dorée, puis vers le Christ ressuscité, dominant le monde et levant le bras pour inviter à s'élever vers le ciel, le tout entouré d'une multitude d'anges médiateurs.

 

      L'ostensoir a disparu de sa niche, souvent remplacé par une statue de la Vierge portant l'enfant, ou par un crucifix. On semble assister là à une rencontre de deux tendances de la piété, l'une qui privilégie la gloire et la résurrection, l'autre qui s'attarde sur le sacrifice douloureux.

 

        Le frère Matthieu souligne avec justesse      que les torsades et les volutes dorées de la    décoration baroque doivent être regardées avec  des yeux qui ne connaissaient pas la lumière  électrique. Il faut imaginer les éclats et les  reflets mobiles des chandelles qui donnaient vie   aux formes dorées.

     Enfin, on assiste, au fur et à mesure que le    18ème siècle s'avance, à un dessèchement de l'art baroque. Il reproduit, mais n'invente plus, même si de beaux ensembles se créent encore, comme à Orleix. Mais aux symboles chrétiens se mêlent alors des ajouts étrangers qui deviennent illisibles, comme ces cœurs transpercés de flèches, ou cette tête féminine voilée qui entourent le tabernacle. L'œil de Dieu dans une mandorle n'est plus le Père plein de bonté ouvrant ses bras à l'humanité.

 

 

Cette  journée s'est déroulée dans une ambiance fervente et chaleureuse.

Le soleil est apparu  en cours  de journée.

            Merci aux organisateurs.

          Robert LATAPIE

 

                                                                             

 

P.S. Pour plus d'informations,

l'ouvrage du frère Matthieu, récemment édité :     Eloge du Baroque

                                               Matthieu Saulière 

                                               Abbaye Notre-Dame

                                               65190 TOURNAY